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Brandir la bienveillance comme un étendard... ou comment nous avons oublié ce que signifie vraiment prendre soin des autres.

22 mai 2025
2 min de lecture

À force de saupoudrer de la “bienveillance” à toutes les sauces, on en oublierait presque la recette de base : prendre soin, vraiment, de l’autre. Et si, pour retrouver un goût plus juste, on revenait à une notion un peu moins tendance, mais bien plus savoureuse ? Bienvenue dans l’univers de la bientraitance.

La bientraitance est un concept issu du domaine de l’éthique. Elle s’applique à tous les êtres vivants et désigne un ensemble de postures positives et constantes : respect, soins attentifs, manifestations de confiance, encouragements, aide désintéressée.

Apparue au début des années 2000, la notion de bientraitance visait d’abord les établissements de soins et d’accueil pour nos aînés. Peu à peu, elle s’est étendue à d’autres sphères : la famille, le travail, la relation aux animaux. La démarche de bientraitance repose sur quelques principes fondamentaux :


  • respecter les droits, la liberté et la dignité d’autrui ;

  • adopter une attitude active d’écoute et d’attention ;

  • établir des relations équilibrées, et non des rapports de domination ;

  • “prendre soin” plutôt que simplement “donner des soins” ;

  • lutter contre toutes formes de maltraitance physique, psychique ou financière.


La bientraitance condamne aussi bien l’usage abusif de contraintes que les négligences passives qui altèrent le bien-être. Elle invite à interroger nos actes autant que nos intentions.

À côté de cela, parlons de la bienveillance. La bienveillance serait une disposition affective : vouloir le bien, vouloir le bonheur d’autrui. Vouloir bien... vouloir faire du bien... Cela semble naturellement positif. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, un glissement peut s’opérer. Car la bienveillance implique souvent un rapport de pouvoir :


“Je veux bien t’aider.”

“J’accepte de faire quelque chose pour toi.”


Mais avec quelle intention réelle ? Sous quelles conditions ? C’est là que la notion peut devenir délicate, voire ambiguë. Sous couvert de “bienveillance”, il est possible d’installer subtilement une relation de dépendance, d’infantilisation, voire de manipulation. La bienveillance peut alors masquer, consciemment ou non, des formes de domination douce.

Dans les domaines de la spiritualité comme de la pédagogie, l’usage excessif du terme “bienveillance” a parfois donné lieu à des dérives. À force de vouloir “bien faire”, on peut finir par nier l’autonomie de l’autre. Comprendre cette différence entre bientraitance et bienveillance est essentiel.


L’une agit, de manière constante, dans le respect du vivant. L’autre, plus fluctuante, peut selon les contextes être un geste authentique... ou un moyen de contrôle.


Observer les intentions derrière les gestes. Interroger les dynamiques relationnelles. Voilà peut-être, aujourd’hui, un chemin de véritable bientraitance. Prendre soin, c’est un art… mais pas toujours celui qu’on croit. Des gestes simples en apparence, mais derrière les bonnes intentions, se cachent parfois des malentendus.


Et toi, qu’évoque pour toi la notion de bientraitance ? Est-ce une évidence, un défi, ou peut-être une redécouverte ? Découvre mes accompagnements,


Damien


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